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:: [RP] Révolution citoyenne ::

 
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Bovin


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Localisation: Prairie édenique grasse et verdoyante

MessagePosté le: Lun 23 Juil - 15:16 (2012)    Sujet du message: [RP] Révolution citoyenne Répondre en citant

Allez, un nouveau volet de mes aventures bovines. Vous avez raté un bout ? Ce n'est pas grave, je ferai en sorte que vous ne ratiez pas grand-chose de mes pérégrinations passées, tout au plus deux ou trois références nébuleuses. Bonne lecture !

Extirpez ce souvenir de vos frêles et humaines mémoires. C'était il y a déjà si longtemps, un obscur mois dont nous ne tenons désormais plus le compte, mais en tout cas, on se caillait les miches, avec dignité, majesté et jurons. Notre fier personnage principal, moi, était en train d'établir un campement pour sauver les lambeaux de son enveloppe corporelle déjà rongée de l'intérieur par des suppositoires endolorissants. Tout était calculé pour qu'il décède en ce froid soir. Il était dénudé, comme à son habitude, mais sans le pis salvateur, la chance de l'infâme, la ruse bovine, les coups de sabot en traître, sans rien. Et même, allons-y franchement, sans drogue. Nous en étions restés à une mort indigne, où, tel un humain, Bovin broutait un tournevis avant de décéder dans d'atroces souffrances, la bave entourant son corps faisant office de vérité absolue.
Seulement, il reste un problème. Parce que c'est moi qui écris ces lignes. Que suis-je devenu depuis cette période où j'étais, pour la seconde fois, considéré comme mort ? Je pourrais vous fournir une explication digne des plus grands, vous parler d'un phénomène physique cryogénisant le manque et me laissant le temps de me relever pour tomber miraculeusement sur une pilule du lendemain fichée dans le sable. Je pourrais aussi vous faire l'explication éludante, en commençant mon récit par 'Notre héros, une fois sorti de cette terrible situation ...'. Je pourrais sans doute en faire beaucoup, sans que rien ne vous satisfasse. Aussi prendrai-je le parti de ne dire que trois choses, comme le disait si bien Bill Clinton : la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Et boum, trois réponses différentes. Contentons-nous de l'aspect 'vérité'.
Pour tout dire, je m'en souviens mal. Je sais que le manque s'est fait sentir, telle une seringue à lavement brutalement enfoncée dans sa destination habituelle. Une morsure violente, qui s'est transformée en douleur du corps tout entier, des naseaux aux pointes de sabots. Sous ma toile de tente, je mordais un caillou environnant pour ne pas meugler de douleur devant un supplice ainsi infligé. Ce fut à ce moment-là que je les sentis, avec leur haleine puante, raser le dessus de ma toile avec cette lenteur suisse qui les caractérisait si longtemps à l'avance. Et puis, une jambe de matière morte se retrouva, d'un seul coup, à un centimètre de ma tête. Les yeux ronds, je contemplais ce morceau de répugnance qui s'arrêtait brusquement devant moi, n'osant bouger de peur de ramener la colère et l'estomac de plusieurs milliers d'êtres sans foie ni loi.
Silence absolu dans le désert, le vent lui-même avait décidé de se taire. Les pulsions que le manque me donnait me poussaient à exploser de l'intérieur. Sans succès, je reste toujours une vache constituée de manière rationnelle, la bave aux lèvres, mais rationnalle. Ce contraste entre l'ambiance au zéro absolu qui venait d'envahir l'espace de jeux des habitants en décomposition et un big bang en puissance qui s'infiltrait jusque dans mes pis me fit passer au-dessus de tout contrôle. Catatonie.
Réveil. Sous ma toile de tente, l'air semblait s'être condensé depuis belle lurette. Combien de temps étais-je resté dans un état semi-comateux ? Je ne pouvais le savoir. En me relevant, je ne vis que du sable, un désert perpétuellement aplati par le poids des veaux et le choc des poteaux, et plus rien de vivant, voire de mort-vivant. Tout était vide de sensations. Un désert comme on aurait aimé en trouver dans la vie de tous les jours, somme toute. Il faisait si chaud ! J'étouffais sous la chaleur des épaisseurs qui m'entouraient et avec lesquelles je survivais tant bien que mal au milieu d'un froid mordant en temps normal. Eh bien, devinez quoi, c'était l'été.
J'avais survécu plusieurs mois sans boire ni manger dans un état végétatif. Chaque mouvement me semblait être un travail herculéen, mais au terme de deux heures de tentatives de l'extrême, je me remis debout. Je me sentais telle une plume, léger mais désespérément faible face à un vent ravageur souffant à la vitesse de trois kilomètres à l'heure, de quoi décorner tous les bœufs du reste du monde. À deux mètres de moi, se trouvait un fast-food, Éden pour le voyageur sédentaire que je constituais à l'heure actuelle. Du haut de mes dernières forces, je m'introduisis dans l'espace à l'odeur aussi méphitique qu'en l'ancien temps, quand des gens mangeaient pour se faire plaisir de la nourriture qui aurait dégoûté un chien. Entre deux hamburgers décomposés et une serveuse morte, je trouvai enfin ce que je cherchais : une glacière remplie. Le confinement de l'espace avait pu préserver ces tendres aliments d'un sort ressemblant à la pourriture verte et ambiante qui se met en tête de tuer tout être ne vivant pas comme eux. Je mangeai comme quatre, fidèle à mon habitude. Tout en mangeant, mon regard, qui retrouvait de sa mollesse, parcourait l'endroit. Soudain, il s'arrêta à quelques mètres de la sortie de secours, où traîaient quelques immondices. Au milieu de nulle part, apparemment arrachée d'une poche de toxicomane, une boîte au contenu frauduleux s'étalait sur le sol malpropre.
Aussitôt, une pulsion me revint. Je savais pourquoi je m'étais obstiné à ne pas mourir et ce qui m'y avait aidé. Le cercle vicieux. L'élément qui faisait se mordre la queue au serpent. Si vous n'avez pas trouvé à ce stade, eh bien, vous avez gagné la réponse : la grosse, vraie, virile et pulsante drogue. Tel un Chabal en quête du ballon avant qu'il ne disparaisse mystérieusement de ses yeux, je me jetai au sol pour attraper et gober la manne tombée du ciel, ou, plus prosaïquement, d'une poche puante d'humain repoussant.
La poésie du moment était pour moi omniprésente, aussi ne mérite-t-elle pas d'être mise davantage en avant. Armé d'un stock de médications apte à faire défaillir un pharmacien, je repris les bonnes habitudes bovines, le regard, la stature, la force, et, approximativement quarante-huit minutes après avoir fait passer de vie à trépas les deux tiers des réserves en substances poussant au Nirvana du dealer inconnu, je me sentis aussi bien que si rien ne m'était jamais arrivé. Cependant, en moi, la rancune sommeillait encore.
Tous ceux qui se faisaient passer pour des classes supérieures, du haut de leurs accessoires pédants et rouillés, ne m'avaient été d'aucune utilité pour survivre, tout au plus avaient-ils joué le rôle de faire-valoir, mais jamais ils ne m'avaient permis de dominer réellement. Du haut de mes belles paroles, j'avais cependant réussi à gagner la bataille de la confiance, à défaut de ne pas avoir de joujou en plastique pour me considérer d'un métier particulier. Mon appareil actuel me permettait d'agir aisément, je n'avais pas besoin de plus. Mais il me faut des alliés pour pouvoir montrer au monde que la force ne se trouve pas dans l'objet mais que c'est bien dans la tête que tout se passe. Voilà ce pour quoi je me mets en quête, désormais. Je braverai les abominables autant de fois qu'il le faudra, je consommerai autant de cachets qu'il me sera possible d'en avoir, mais je me fais le serment de ne pas mourir avant d'avoir convaincu les fragments épars de notre monde que, en plus d'être la dernière vache au monde, j'exerce le meilleur des métiers, celui de penseur, en plus d'être l'élite.
Certains ont osé me traîner dans la boue, je viendrai les noyer dans mon lait;


Si j'ai des idées de suite, je publierai ça à la suite dans ce sujet.

Merci de m'avoir lu !

Meuh.
_________________
Meuh.


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MessagePosté le: Lun 23 Juil - 15:16 (2012)    Sujet du message: Publicité

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